La bande dessinée scientifique - les nouveaux territoires du documentaire

2021-07-02

Comme on peut considérer que la bande dessinée naît avec Hogarth [1697-1764], la BD scientifique pourrait aussi dater de plusieurs siècles. Après tout L’Encyclopédie [~1755] a bien mis en évidence l’importance du dessin et certains sous forme séquentielle. De même, parmi les nombreux croquis et esquisses des architectes, anatomistes et artistes précédant l’entreprise diderotienne, certains donnent aussi à voir des proto-BD documentaires.

Plus près de nous, Marion Montaigne a connu avec Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même) (blog, 2008; album Ankama, 2011, dessin animé sur la chaîne franco-allemande Arte, 2016) un succès aussi extraordinaire qu’inattendu pour un tel sujet, sans nul doute lié à son sens de la vulgarisation qui s’appuie fortement sur l’humour.

De nombreux autres domaines et types d’approches scientifiques au sens large (des études des humanités—bien sûr l’histoire s’y trouve traitée sous des formes très diverses (des Sept vies de l’épervier de Cothias et Juillard, 1987, à « L’Affaire Joanovici », série de 2007 à 2012, de Nury et Vallée), mais aussi l’ethnologie (par ex. Davodeau, Les Ignorants, 2011) aux sciences dures en passant par la médecine) se sont révélés ces deux dernières décennies. Plus récemment, le livre de Nick Sousanis (Unflattening, thèse de doctorat défendue en 2015) a mis en évidence la possibilité de la recherche en bédé sur la bédé (comics-based research). Parallèlement, la « médecine graphique/graphic medicine » s’est pleinement développée surtout dans les pays anglo-saxons (https://www.graphicmedicine.org/), mais aussi en France (La Médecin, Lacombe et Luzzati, 2020). Enfin, des livres comme Alpha (2009 en allemand ; 2015, anglais) de l’Allemand Jens Harder ont même permis d’approcher les sciences dures à travers une BD expérimentale. Tout cela pose alors aussi des questions sur la vulgarisation : le concept de vulgarisation scientifique en BD est-il différent de la vulgarisation scientifique textuelle? Dans quelles conditions un tel savoir vulgarisateur se trouve légitimé par les milieux bédéistes, scientifiques et éducationnels?

Ce domaine de la BD scientifique documentaire ne s’est pas développé seulement en Occident mais dans d’autres pays comme le Japon; depuis longtemps le manga scientifique parmi beaucoup d’autres genres (dont le manga documentaire), connait un succès certain (par ex.  Japan, Inc. : Introduction to Japanese Economics, par Ishinomori Shotaro ,1988 à The Manga Guide to Molecular Biology, par Masaharu Takemura, 2009).

La revue Alternative francophone cherche des articles sur les points suggérés dans cet appel, autour de la BD scientifique documentaire. Des articles en anglais sont aussi acceptés.

Envoyez-nous une proposition de 500 mots dont environ 100 pour la bio-bibliographie et 100 pour une bibliographie scientifique de base pour l’article (théorie, méthodologie, …), … à :

bettina.egger@gmail.com et reynschi@ualberta.ca

-pour le 1er novembre 2021.

-notre réponse, le 15 décembre 2021

-les articles complets pour la mi-avril 2022

-les évaluations avec nos commentaires pour la fin mai 2022

-la version définitive pour la mi-août 2022.

-la publication fin 2022.

En décembre 2022, en collaboration avec l’université de l’Alberta et le Wirth Institute, ainsi qu’avec la galerie d’art CAVA à Edmonton, se tiendra aussi une exposition sous formes de posters, exposant les BD étudiées dans les articles publiés, d’abord à Edmonton (Alberta, Canada), puis potentiellement disponible pour voyager au Canada et au-delà.