« Être auteure, ce n’est pas encore être » : La visibilité féminine à travers les BD de Judith Forest

  • Marine Gheno Université de l'Alberta

Résumé

Dans cette citation du second (et dernier) album signé Judith Forest (Momon, 71), la question de l'existence de l'auteur.e est posée. Sont mis en cause le rôle et l’identité de l’auteur de créations artistiques (en référence au travail de Sartre, Foucault ou Barthes) autant que l’existence réelle et physique derrière le nom « Judith Forest. » Je propose d’examiner la question de la visibilité des femmes dans la BD française (et la sphère publique française) à travers l’exemple de Judith Forest dont le travail a fait beaucoup de bruit en 2009 et 2011 en France pour finalement révéler une auteure fictive, une créature de papier créée par ses éditeurs. La maison d'édition indépendante et bruxelloise La Cinquième Couche a bénéficié grandement de la médiatisation des albums de qualité de Forest construits sur une « imposture » masculine qui révèle un malaise au niveau de la légitimité des femmes auteures françaises et de l'aspect médiatique des œuvres intimes au féminin en France. Nous avancerons que, malgré la qualité artistique de l’œuvre et l’intérêt suscité par ses questionnements existentiels et culturels, l’invisibilité ou le retrait de visibilité féminine peut avoir des conséquences importantes sur le milieu artistique de la BD et la présence des femmes dans la sphère publique en France. 

Biographie de l'auteur

Marine Gheno, Université de l'Alberta
Doctorante, département de langues modernes et d'études culturelles, Université de l'Alberta
Publiée
2014-01-06
Rubrique
Articles sur la BD francophone