Postcolonial Interjections: Jean-Philippe Stassen Illustrates Heart of Darkness and We Killed Mangy Dog

Auteurs-es

  • Michelle Bumatay Université Willamette

DOI :

https://doi.org/10.29173/af24018

Résumé

En 2006, le bédéiste belge Jean-Philippe Stassen publia de nouvelles éditions de deux livres de l’ère du colonialisme européen—Cœur des ténèbres de Joseph Conrad et Nous avons tué le Chien Tiegneux de Luìs Bernardo Honwana—pour lesquels il fournit des illustrations et, dans le cas de Cœur des ténèbres, d’autres matériaux qui contextualisent le roman. Faisant partie d’une tendance plus large dans laquelle les artistes illustrent la littérature classique, ces deux nouvelles publications invitent les lecteurs à retourner aux originaux pour explorer la notion de silence et la facon dont elle fonctionne différemment chez les deux auteurs différents. Cet article considère les pratiques variées du paratexte de Stassen afin d’examiner comment, grâce aux interjections à travers le temps et l’espace, Stassen interrompt, augmente, conteste et accompagne les textes originaux. Pour Cœur des ténèbres, le cadrage devient une stratégie polyvalente qui montre les écarts et les défauts dans l’écriture de Conrad. Par contre, Stassen adapte les stratégies littéraires de Honwana et les transpose au domaine visuel, ainsi il souligne les silences et le pouvoir subtile de l’œil perçant dans l’allégorie politique Nous avons tué le Chien Teigneux. Le choix de ces deux textes suggère tout un remaniement du discours colonial. En fin de compte, la gamme des pratiques du paratexte de Stassen et les caractéristiques formelles de ses illustrations, destinées à faire repenser comment les lecteurs abordent les originaux, cherche à faire aussi repenser le colonialisme européen, l’impérialisme et leurs modalites de representation. 

Biographie de l'auteur-e

Michelle Bumatay, Université Willamette

Visiting Assistant Professor of French

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Publié-e

2015-01-26