La dimension sonore de l’écriture

Éboueur sur échafaud d’Abdel Hafed Benotman

  • Bernabe Wesley Université Paris 8

Résumé

Qu’est-ce qu’un roman dont l’écriture peut être qualifiée d’« antiraciste » ? Comment l’antiracisme s’inscrit-il dans le matériau scriptural d’une œuvre afin de faire entendre, dans la reformulation des énoncés du racisme ordinaire, la voix unique de celui qu’ils excluent ? Ces questions viennent immédiatement à l’esprit du lecteur qui tombe sur les premières pages d’Éboueur sur échafaud, roman d’Abdel Hafed Benotman publié en 2003. Ce récit d’enfance raconte l’histoire de Fafa, enfant de parents Algériens qui fait tout pour s’intégrer dans une société française qui l’exclut. Dans une perspective sociocritique, cet article interroge la langue, complexe et inventive, que Benotman invente à partir d’une socialité du « mal écrire » ou du « mésécrire ». Il a pour hypothèse centrale que la langue audacieuse de ce roman contemporain correspond à une langue aux origines multiples et donne forme à un rapport à la société et à la littérature foncièrement subjectif, dans lequel le lien social, fondé sur le racisme, se disloque pour faire apparaître l’immédiateté de sa violence et les exclusions dont il se paie.

Biographie de l'auteur-e

Bernabe Wesley, Université Paris 8

Professeur certifié de Lettres Modernes, Bernabé Wesley a déposé en 2017 une thèse en littérature de langue française sous la direction de Pierre Popovic (Université de Montréal), laquelle sera publiée en 2018 sous le titre L'oubliothèque mémorable de L.-F. Céline. Essai de sociocritique. Membre actif du CRIST, de Figura et de la Société des Études Céliniennes, il a codirigé des ouvrages collectifs et a également publié différents articles sur Céline et sur le roman contemporain dans la Revue des Sciences Humaines, @nalyses, les Cahiers FiguraÉtudes littéraires, les Cahiers ReMix, etc. Son projet de recherche en cours s'intitule « La dimension sonore du roman contemporain ».

Publié-e
2020-02-17