APPEL D'ARTICLES: La traduction transculturelle et interlinguistique : s’y perdre et s’y retrouver

Selon Salman Rushdie, les (im)migrants déplacés à travers le monde sont des femmes et des hommes « traduits », ainsi appelés car ils doivent faire face à de nouveaux défis identitaires et culturels. Parmi ceux-ci, le transculturalisme, processus de traduction par lequel une personne est déplacée d’une culture à une autre pour y voir son identité à la fois enrichie et appauvrie. Le numéro thématique de la revue interdisciplinaire (traductologie et études culturelles) TranscUlturAl, « La traduction transculturelle et interlinguistique : s’y perdre et s’y retrouver », explorera les enjeux associés à l’(im)migration, c’est à dire ce qui peut se perdre (l’intransportable) et ce qui peut émerger de la traduction culturelle et sociolinguistique, à savoir le transculturalisme et l’interlingualisme.
Le Canada est un pays de Premières Nations, d’Inuits et de nouveaux venus, ces derniers ayant participé à la construction de la fédération canadienne. Les colonisateurs et immigrants ont, dans un premier temps, été déplacés vers une nouvelle terre d’accueil, pour ensuite être confrontés à des défis variés engendrés par la traduction transculturelle et interlinguistique. Or, le Canada est primitivement la terre des Premières Nations et des Inuits, peuples assujettis aussitôt l’arrivée des colonisateurs et des immigrants. Dès lors, dépossédés de leurs langues et cultures, ces peuples autochtones ont été confrontés au transculturalisme imposé par des colonisateurs. Alors que ces derniers groupes ont traditionnellement très peu, voire aucunement tiré profit du transculturalisme, bon nombre de colons et d’(im)migrants, sinon la plupart d’entre eux, ont su profiter de leurs expériences transculturelles et interlinguistiques. C’est d’ailleurs cette possibilité d’en profiter qui les motive à se soumettre au processus parfois long et pénible qu’est celui d’être déraciné. Dans ce cas-ci, il semble évident que la traduction, quelle que soit sa forme, peut devenir une arme à double tranchant.
Le numéro spécial « La traduction transculturelle et interlinguistique : s’y perdre et s’y retrouver » réunira des articles portant sur des expériences transculturelles (traduction transculturelle) et interlinguistiques (traduction interlinguistique) tant positives que négatives des Premières nations, des colonisateurs et des (im)migrants. Nous cherchons un bel éventail de propositions pluridisciplinaires portant entre autres sur les domaines suivants : études autochtones, études littéraires, science politique, sciences du langage, sociologie, traductologie, de même qu’une grande variété de perspectives ethno-linguistiques (p. ex., les Arméniens, les Juifs, les Transylvaniens d’expression allemande) et géographiques (le Brésil, le Canada, l’Europe, les États-Unis, entre autres).
Voici une liste non exhaustive des axes de recherche proposés :
• Les Premières Nations et les Inuits du Canada, et la traduction transculturelle et interlinguistique
• Les populations (im)migrantes du Canada, et la traduction transculturelle et interlinguistique
• D’autres pays ou régions ayant une population (im)migrante importante et les enjeux de la traduction transculturelle et interlinguistique : p. ex., l’Amérique latine, l’Arabie Saoudite, l’Australie, l’Europe, les États-Unis
• Personnes déplacées (émigrants, (im)migrants et réfugiés) et la traduction transculturelle et interlinguistique : p. ex., Arméniens, Juifs, Transylvaniens germanophones (p. ex. les Souabes du Banat et les Saxons de Transylvanie)
• Être « chez nous », Heimat et identité
Veuillez envoyer votre proposition d’article de 250 mots et une notice bio-bibliographique d’une page (maximum), en anglais ou en français, à gillian lane-mercier@mcgill.ca, michel.mallet@umoncton.ca et denise.merkle@umoncton.ca d’ici le 1 septembre 2017. La date limite pour soumettre les articles qui compteront de 6000 à 8000 mots est le 31 décembre 2017. Les auteurs et auteures recevront les évaluations de leur texte respectif avant la fin mars 2018.