Idylle ou lucidité antiraciste, la commune humanité en question

  • Sophie Wahnich CNRS

Résumé

Ces cinq dernières années, les écrivains, les cinéastes, commissaires d’exposition ont produit un discours sur la ségrégation nord américaine non seulement comme impossible à faire reculer, mais comme pratique qui témoigne d’une cruauté sans limitequi met en danger des corps noirs à la merci d’une haine puissante et incommensurable à la puissance du droit. Il n’y aurait ainsi plus d’imaginaire possible pour une commune humanité car ce commun conduit toujours à une domination destructrice. Les sentiments sont pervertis, les corps colonisés, les enfants assassinés ou emprisonnés. La puissance étatique est au mieux indifférente, au pire complice de cette ontologie de l’insensibilité qui tourne fondamentalement le dos aux Lumières de la raison sensible. Cet article tente de comprendre ce présent de terreur et de lucidité en interrogeant le temps long de l’histoire à la fois américaine et européenne. Car si l’imaginaire social a bien mis en partage le pire de chacune des deux histoires, esclavagisme et nazisme, comment remettre en partage le meilleur ?

Biographie de l'auteur-e

Sophie Wahnich, CNRS

Agrégée (1988) et docteur en histoire (1994), habilitée à diriger des recherches (20073), elle est directrice de recherche au CNRS directrice de l'Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain (IIAC) . Son travail porte sur la Révolution française et le temps présent. Sa thèse avait pour sujet la notion d’étranger dans le discours de la Révolution française, son HDR s'intitulait, Histoire des émotions et présents de l'histoire, une approche politique et anthropologique du sensible en politique.

Publié-e
2020-02-17